Selon les résultats d’une étude épidémiologique, la consommation régulière de médicaments du groupe des statines réduirait le risque de développer la maladie d’Alzheimer… à condition que le médicament prescrit soit en accord avec le sexe et l’origine ethnique du patient.

Voilà la principale conclusion d’un article publié en décembre dernier dans le Journal of American Medical Association Neurology (« JAMA Neurology »).

L’équipe de la University of Southern California qui est derrière cette étude a analysé les données de près de 400 000 bénéficiaires du programme américain Medicare. Chacun était un utilisateur régulier de statines, et avait 65 ans ou plus.

Une analyse statistique des données suggère que la prise de statines peut globalement réduire le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Cet effet serait plus grand chez la femme que chez l’homme, avec une diminution du risque de 15 et de 12 %, respectivement.

Ces chiffres dépendent du type de statine utilisée, et varient encore plus lorsqu’on s’attarde à l’origine ethnique des individus. Par exemple, les hommes hispaniques prenant des statines auraient selon l’étude 29 % moins de chances de développer la maladie.

Du groupe des statines, deux molécules, le Simvastatin et l’Atorvastatin, se distinguent par leur capacité à agir sur tous les groupes étudiés. Ces deux molécules ont la capacité de traverser la barrière hématoencéphalique pour se retrouver dans le cerveau, une particularité qui pourrait expliquer leur succès. Ceci dit, les autres statines semblent aussi avoir un impact sur l’incidence de la maladie d’Alzheimer.

Il faut toutefois souligner que cette étude n’établit pas un lien de causalité entre la prise de statines, et la prévention de la maladie d’Alzheimer. Selon les chercheurs, des études cliniques devront être menées pour répondre à la question.

D’autres études sur le sujet avaient d’ailleurs conduit à des résultats contradictoires par le passé. Il n’existe donc pas de consensus scientifique au sujet de l’impact de la consommation de statines sur le cerveau.

Pour cette raison, on devrait continuer de prescrire des statines seulement pour leur raison première qui est de réduire les niveaux de cholestérol associé aux LDL dans le sang.

Mais selon les auteurs de l’étude, prescrire un type de statine plutôt qu’un autre pourrait avoir un impact non négligeable sur la probabilité de développer ou non la maladie d’Alzheimer.

Le lien vers l’article dont il est question se trouve ICI.