Plusieurs entreprises pharmaceutiques tentent présentement de développer un médicament pour combattre la maladie d’Alzheimer. C’est un processus long de plusieurs années, et à ce jour, il n’existe aucun médicament capable d’arrêter le développement de la maladie.

Mais il y a de l’espoir…

Deux médicaments prometteurs sont présentement en études cliniques de phase III. C’est la dernière étape qui les sépare de la commercialisation.

L’un d’eux est un anticorps qui cible les protéines bêta-amyloïdes avant qu’elles ne s’agglutinent. Son nom : l’Aducanumab.

Cet anticorps a été identifié il y a plusieurs années chez des personnes âgées qui n’avaient aucun problème cognitif. Des chercheurs ont émis l’hypothèse que c’était grâce à cet anticorps produit naturellement.

Deux études de phase III en lien à ce médicament sont en cours depuis 2015. En tout, c’est environ 2 700 patients qui recevront le traitement pour le valider.

En septembre dernier, l’entreprise Biogen, qui est derrière cette molécule, a dévoilé dans la revue Nature des résultats prometteurs qui remontent à une étude réalisée en 2012.

On a observé dans le cerveau de 165 patients atteints d’une forme précoce* de la maladie une diminution de la quantité de plaques amyloïdes. Cette diminution était non seulement progressive au fil de l’étude, mais elle était aussi proportionnelle à la dose injectée chaque mois. L’étude suggère aussi que le déclin cognitif de ces patients était ralenti.*

Les résultats préliminaires de ces études seront dévoilés au début de l’année 2020. Les études seront entièrement faites d’ici 2022.

Un second médicament

On devrait pouvoir statuer sur un autre médicament à l’étude, le Verubecestat, plus tôt, puisque l’une des études de phase III pour ce médicament prendra fin cette année (2017). (AJOUT: Merck a mis fin à l’une de ses études en février dernier.)

Le Verubecestat est un inhibiteur de la protéine BACE1. En bloquant la fonction de cette protéine, on empêche la production de la protéine bêta-amyloid, celle qui s’accumule pour former des plaques dans le cerveau.

Le médicament a été mis à l’essai en 2012 dans une étude de phase I chez 32 patients atteints d’une forme légère ou modérée de la maladie. Les résultats de cette étude, qui cherchait avant tout à s’assurer de la sécurité du médicament pour les patients, ont été publiés l’automne dernier. Et ils ont révélé de belles promesses.

La quantité de protéines bêta-amyloïdes chez ces patients avait diminué proportionnellement à la dose du médicament. Plus de 3 700 patients participent présentement à ces études.

… mais un échec

Malheureusement, les nouvelles ont été mauvaises pour un autre médicament prometteur, le Solanezumab. En novembre dernier, l’entreprise Eli Lilly a indiqué qu’elle stoppait la plupart des études en lien avec ce médicament. Les résultats préliminaires suggéraient que le médicament n’avait pas d’effet sur le déclin cognitif ni sur l’accumulation des plaques bêta-amyloïdes.

Heureusement, la recherche continue et ne se limite pas qu’à ces molécules. Au total, il y en a plus de 80 qui sont en cours d’étude de phase II ou de phase III.