La pollution de l'air aurait un impact sur le développement de la maladie d'Alzheimer.

C'est ce que suggèrent deux études dévoilées au début de l'année 2017.

La première, publiée dans The Lancet, rapporte les résultats d'une équipe canadienne qui a voulu savoir si la probabilité de développer la maladie avait un lien avec le lieu de résidence d'un individu.

Et il semble que ce soit le cas.

Les chercheurs ont suivi le déplacement d'environ 6,6 millions d'adultes ontariens pendant plus de dix ans. Ils ont ensuite démontré que les gens qui avaient habité à moins de 50 mètres des grandes artères routières avaient un taux de démence 12 % supérieur à celui des gens qui habitaient à 200 mètres des mêmes routes.

Le chiffre paraît petit, mais il est significatif. Il suggère qu'un cas d'Alzheimer sur dix serait lié à la proximité des grandes artères routières.

Par contre, il est trop tôt pour dire si la pollution de l'air lui-même est en cause ici. Les chercheurs derrière l'étude indiquent que le bruit et le stress occasionnés par la proximité de voies routières pourraient aussi être en cause.

Ceci dit, la seconde étude suggère que la pollution de l'air a un lien plus direct avec l'incidence de la maladie d'Alzheimer.

Cette étude épidémiologique, publiée dans Translational Psychiatry, a analysé les données obtenues sur des milliers de femmes pendant 11 ans.

Les chercheurs ont remarqué deux fois plus de cas d'Alzheimer chez celles qui avaient été exposées à des niveaux élevés de particules ultrafines dans l'air pendant leur vie.

On ignore exactement comment la pollution de l'air pourrait entraîner la maladie.

On sait toutefois que les petites particules, celles de moins de 200 nanomètres, peuvent entrer directement dans le cerveau de rongeurs pour y causer de l'inflammation. C'est par ce mécanisme que la maladie pourrait se déclencher.

Il faudra attendre toutefois de nouvelles études pour confirmer cette hypothèse, et s'assurer que la pollution de l'air est en cause.