Environ 35 % des cas de démence pourraient être évités en adoptant de saines habitudes de vie à différents stades de la vie.

Voilà la conclusion principale d’une grande étude présentée à l’Alzheimer’s Association International Conference 2017 (AAIC 2017), à Londres, en juillet dernier.

Le panel de 24 experts de la Commission internationale sur la prévention, le traitement et les soins relatifs à la démence de The Lancet, qui est derrière cette méta-analyse, a identifié et mesuré l’impact de 9 facteurs de risque modifiables qui contribuent, si rien n’est fait, à la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence.

9 facteurs de risque

Selon eux, pour réduire de 35 % son risque de développer une forme de démence, notamment la maladie d’Alzheimer, une personne doit :

Des contributions qui s’additionnent

Les éléments de cette liste n’ont pour la plupart rien de nouveau. Par contre, on sait maintenant quel poids pèse dans la balance chacune de ces conditions liées à la démence.

Ainsi, en prenant à la fois en charge la perte d’audition, l’hypertension et l’obésité, une personne réduirait son risque de développer de la démence par 20 %.

En menant à la fois une vie sans tabac, diabète et dépression tout en pratiquant des activités physiques et en misant sur un réseau social développé, elle réduirait son risque de 15 %.

Il est important de considérer ces facteurs, peu importe l'âge d'une personne, puisqu'ils sont tous modifiables par un changement d’habitudes de vie ou par un traitement.

Le comité d’experts suggère d’ailleurs « vivement » de soigner l’hypertension chez les adultes et les personnes d’âge mûr qui ne sont pas aux prises avec de la démence afin de diminuer la probabilité de développer la maladie.

Il recommande aussi à ce que les autres conditions soient prises en charge et que l’on fasse la promotion de saines habitudes de vie afin de diminuer le nombre de cas, mais aussi de retarder l’apparition de la démence chez les individus.

« Une prévention et des soins efficaces en matière de démence pourraient changer l’avenir de la société et grandement améliorer la vie et la fin de vie des personnes atteintes de démence, ainsi que le quotidien de leurs familles », a souligné Dr Lon Schneider, membre du panel et chercheur associé à l’Université de Californie du Sud.

« Agir maintenant sur ce que nous savons déjà peut faire une énorme différence », a-t-il ajouté.

D’autres facteurs pourraient s’ajouter

Les auteurs de l’étude ont souligné que d’autres facteurs de risque pourraient s’ajouter à la liste, mais que l’absence de données statistiques les en a empêchés.

Parmi ces autres facteurs de risque potentiel qui ont déjà été abordés dans d’autres études, on compte :

- La nutrition

- La consommation d’alcool

- Les déficiences visuelles

- La pollution atmosphérique

- Le sommeil

Il serait donc possible que bien plus de 35 % des cas de démence soient évitables par des changements d’habitudes de vie.

Ceci dit, selon la Commission, il serait possible de réduire par plus de 1 000 000 de cas l’incidence de la démence en réduisant seulement de 10 % la prévalence de 7 des 9 facteurs qu’elle a mis de l’avant.

Elle avance même que de repousser l’apparition de la maladie d’un an permettrait à 9 millions d’individus d’éviter de développer la démence en 2050. Pour l’instant, on estime qu’ils seront 115 millions, cette année-là, à développer la maladie.

On évalue actuellement le nombre de personnes vivant avec une forme de démence à 47 millions.

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Pour consulter les documents publiés par la commission, suivez ce lien (en anglais).